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Wallerand de Saint-Just, trésorier du FN, dénonce la « politisation scandaleuse de la justice »

Wallerand de Saint-Just, cadre historique du FN, trésorier du parti et conseiller régional d’Ile-de-France, animait jeudi 2 mars à La Charité-sur-Loire une réunion publique dans le cadre de la tournée « Marine 2017 ». Entretien.

La campagne pour cette élection présidentielle est gênée, empêchée par les affaires. François Fillon est convoqué pour une mise en examen. Du côté de Marine Le Pen, votre candidate, il y a notamment l’affaire des emplois présumés fictifs des assistants des députés européens FN. Comment regardez-vous cette campagne?

J’avoue ne plus pouvoir écouter la radio ou regarder la télévision. Nous sommes saturés par cette histoire Fillon. On en a ras-le-bol. Il occupe le devant de la scène en commenttant erreur sur erreur. La journée du 1er mars a été surréaliste… Tout cela, les Français n’en n’ont pourtant rien à faire. Tout cela leur est égal.

Quant au parallèle entre ce qui se passe du côté de François Fillon et ce qui est reproché à Marine Le Pen, il n’a pas de sens. Dans le cas de Marine Le Pen, les dossiers sont vides, c’est évident! Et il n’est pas question d’emploi fictif mais de nature du travail effectué. François Fillon, en revanche, n’a pas pu démontrer que le travail de son épouse avait été effectif. Il est d’ailleurs lâché de toutes parts! C’est loin d’être le cas du FN.

Vous êtes avocat. Cautionnez-vous les attaques répétées contre la justice émanant des deux candidats précités? 

Je suis moi-même très critique envers l’institution judiciaire. Et je ne me prive pas de le dire haut et fort. La question qui se pose est bien celle de la politisation scandaleuse de la justice, dont nous souffrons en France depuis 1981. Le rôle du syndicat national de la magistrature est nocif. Je rappelle que ce syndicat s’est illustré par le « Mur des Cons », dans lequel le FN était tout particulièrement visé.

Marine Le Pen présidente, quelles seraient les mesures prises pour réformer le système judiciaire?

Si nous sommes amenés à gouverner, nous ferons en sorte que les syndicats de magistrats ne prennent pas de positions politiques ou politiciennes, que les fonctionnaires syndiqués et les magistrats syndiqués se gardent de prendre des positions partisanes. L’imaprtialité est le minimum que l’on puisse attendre des fonctionnaires.

Avec Marcel Stephan, vous êtes tous les deux élus régionaux. Quel avenir pour l’échelon régional si le FN l’emporte à la Présidentielle?

Il sera supprimé. Nous restons sur le triptyque Nation (Etat) / départements / communes. La Région joue certes un rôle en matière de développement économique, mais pas suffisamment important pour qu’il ne puisse pas être redistribué entre d’autres échelons.

J’ai effectué plusieurs mandats comme conseiller régional de Picardie avant d’être élu en Ile-de-France. Cela avait un sens, nous avançions. Aujourd’hui, cette région a été fusionnée avec le Nord-Pas-de-Calais pour devenir les Hauts-de-France, deux gros départements avec des problématiques différentes. La Picardie va se faire bouffer la laine sur le dos!

Vous avez adhéré au FN en 1987. Reconnaissez-vous aujourd’hui le parti que vous avez rejoint il y a trente ans?

Jean-Marie Le Pen nous disait toujours : « il faut coller au terrain ». Lui-même ne l’a pas toujours mis en application… L’évolution principale avec Marine Le Pen est qu’elle est vraiment attachée au terrain. Il faut mettre de côté ses propres passions, mais se préoccuper des problèmes des concitoyens.

Il y a des divergences au sein du FN sur certains points, notamment sur les questions sociétales. C’est une faiblesse?

Seules deux questions sociétales ont généré des débats dans notre famille politique depuis 1974. Le droit à l’avortment, d’abord. Comme la législation actuelle satisfait 99,99% des Français, le FN n’a plus à prendre en considération ce débat.

Quant au mariage pour tous, on a réglé les questions de regard sur la loi et sur la participation aux manifesttaions en deux réunions du bureau politique. La ligne est définie. Ceux qui ne s’y reconnaissent pas peuvent partir.

source : lejdc.fr