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Damien Baudry (Front National de la Jeunesse) : « le regard sur le FN s’est transformé »

Entré en politique par le Bloc Identitaire, Damien Baudry, auto-entrepreneur installé à Nevers, a rejoint le FN en 2013. Il est aujourd’hui le responsable départemental du mouvement Jeunes du parti.

À 24 ans, il a été candidat aux élections cantonales de 2011 (Nevers nord), aux élections municipales de 2014 à Nevers et aux Départementales en 2015 (Nevers 1), La première fois sous l’étiquette du Bloc Identitaire, dont il a été responsable départemental, les deux autres avec le FN, parti qu’il a rejoint en 2013. Référent départemental du Front national de la jeunesse, Damien Baudry, auto-entrepreneur dans le secteur du bâtiment, mène la campagne de Marine Le Pen. Entretien.
Vous venez du Bloc Identitaire (devenu Les identitaires), frange de l’extrême droite qui fait de l’identité le centre de son idéologie. Quand et pourquoi vous êtes-vous engagé dans ce mouvement?? Mon engagement a commencé en 2008. J’avais 15 ans. J’ai été approché, via les réseaux sociaux, par le Bloc Identitaire. J’aurais pu rejoindre le Mouvement pour la France, de Philippe de Villiers, ou le FN, mais c’est le Bloc Identitaire qui m’a approché en premier. Ce qui m’intéressait, qui me parlait, c’était le discours sur l’immigration et sur l’insécurité. Je me reconnaissais dans ces préoccupations.
Vous avez rejoint le FN sur ces problématiques, donc. Davantage que sur des considérations économiques… Économie, emploi, identité : tout est lié. La bonne illustration de ce lien, c’est l’Union européenne. Aujourd’hui, la souveraineté nationale de la France n’existe pas. C’est un véritable problème. À quoi nous a servi l’Union européenne?? À apporter la paix?? Non : les attentats se multiplient. À donner du travail à tous?? Non plus. C’est un boulet. La France doit être maîtresse de ses frontières, de ses lois. Nous devons pouvoir gérer nous-mêmes notre pays. Cela ne veut pas dire se renfermer sur nous-mêmes et refuser les coopérations entre pays libres et souverains, mais cela signifie être indépendants.
Marine Le Pen veut soumettre la sortie de l’Union européenne à référendum. Vous êtes favorable à cette sortie, donc. Précisons les choses. Si Marine Le Pen est élue, elle posera ses conditions pour que la France reste au sein de l’Union européenne : sur la souveraineté monétaire, territoriale, économique et législative (la primauté de la loi française sur la loi européenne). Si les réponses sont positives, je ne vois pas pourquoi sortir de l’Union européenne. Si elles ne le sont pas, la quitter sera une évidence.

« Le clivage droite/gauche est dépassé »

Marine Le Pen affirme vouloir dépasser le clivage droite/gauche. Certains au FN disent se situer sur la droite de l’échiquier politique. Et vous?? Elle au-dessus de ce clivage, oui. D’ailleurs, on voit bien que le clivage aujourd’hui, ce sont les patriotes face aux mondialistes davantage que le clivage droite/gauche… Pour ma part, je me sens plus à droite qu’à gauche. J’ai l’impression d’avoir plus de valeurs en commun avec certaines personnes de droite comme Henri Guaino ou Nicolas Dupont-Aignan.
Vous avez grandi dans une France dans laquelle la peine de mort relevait du passé. Marine Le Pen, qui y est favorable, comme l’est historiquement votre famille politique, n’a pas inscrit son rétablissement dans son programme. Qu’en pensez-vous?? Cela ne fait pas partie des priorités des Français, qui attendent aujourd’hui d’avoir du travail, un logement décent et une retraite qui leur permette de vivre convenablement. Marine Le Pen propose la perpétuité réelle. Cela me convient parfaitement.
Avez-vous fait partie des membres du FN qui ont manifesté contre la loi sur le mariage pour tous?? Contre le mariage et l’adoption. Oui.. Je suis allé manifester trois fois à Paris et j’ai participé à des veillées à Nevers.
Le FN fait l’objet de plusieurs enquêtes judiciaires, notamment sur les assistants parlementaires, soupçonnés de travailler pour le parti avec des fonds européens. Comment regardez-vous ces accusations?? Tous les eurosceptiques, étonnamment, sont attaqués par l’Union européenne… Les peuples commencent à se réveiller, les partis souverainistes montent. Il s’agit simplement de tenter de les décrédibiliser… Il y a des accusations, mais il n’y a pas de preuves… Franchement, cela ne perturbe en aucun cas cette campagne.
Le regard des gens sur le FN a-t-il changé?? C’est évident. Depuis ma première campagne pour le FN, aux élections européennes de 2009 aux côtés de Bruno Gollnisch, il y a eu une nette évolution. Aujourd’hui, les gens viennent vers nous quand nous tractons sur un marché, ils posent des questions. Ils n’ont plus peur de ce que va penser le voisin.

source : lejdc.fr